Mes biens! Tes biens! Lesquels au fait
?
Le 1er juillet 1989, les dispositions de la loi instituant le patrimoine
familial sont entrées en vigueur. Cette loi a pour objectif
de favoriser l’égalité économique entre
les époux et de mettre un terme à certaines iniquités
dont pouvait parfois être victime le conjoint économiquement
faible, notamment dans les cas où les époux ont opté
pour un régime matrimonial de séparation de biens.
La loi a pour effet d’imposer le partage, en parts égales,
de la valeur des biens composant le patrimoine familial lors d’un
jugement en divorce, en séparation de corps ou en nullité
de mariage ou, encore, lors du décès de l’un
des conjoints.
À QUI S’APPLIQUE LA LOI ?
Tous les couples mariés, peu importe la date de leur mariage
et sans égard à leur régime matrimonial, sont
soumis à cette loi. Par conséquent, les époux
doivent partager le patrimoine familial, qu’ils aient conclu
un contrat de mariage ou pas, qu’ils aient des enfants ou
non. C’est la règle générale.
LES CAS D’EXCEPTION
Ne sont pas soumis au partage du patrimoine familial, les époux
qui :
- se sont soustraits à l’application des règles
avant le 1er janvier 1991 ;
- ont présenté au tribunal une demande de divorce,
de séparation de corps ou d’annulation de mariage
avant le 15 mai 1989 ;
- ont cessé de faire vie commune avant le 15 mai 1989
et ont réglé, par entente écrite ou autrement,
les conséquences de leur séparation.
Les règles concernant le partage du patrimoine familial
ne s’appliquent pas aux conjoints de fait.
DE QUOI EST CONSTITUÉ LE PATRIMOINE FAMILIAL ?
Le patrimoine familial est constitué des biens suivants,
dont l’un ou l’autre des époux est propriétaire
:
- les résidences de la famille ou les droits qui en confèrent
l’usage ;
- les meubles qui garnissent ou ornent ces résidences
et qui servent à l’usage du ménage ;
- les véhicules automobiles utilisés pour les déplacements
de la famille ;
- les droits accumulés, pendant le mariage, au titre d’un
régime de retraite (sauf, au cas de décès,
lorsque le régime de retraite est régi ou établi
par une loi qui accorde au conjoint survivant le droit à
des prestations de décès);
- les gains inscrits, durant le mariage, au nom de chaque époux
en application de la Loi sur le régime de rentes du Québec
ou de programmes équivalents (sauf en cas de décès).
Sont exclus du patrimoine familial les biens reçus par l’un
des époux, par succession ou par donation, avant ou pendant
le mariage, ou le remploi de ces biens.
QU’ARRIVE-T-IL PENDANT LE MARIAGE ?
Tant que le mariage subsiste, les règles relatives au patrimoine
familial ne modifient aucunement les pouvoirs des époux sur
les biens dont chacun est propriétaire. En effet, chacun
des époux conserve le droit de disposer librement de ses
biens, sous réserve des restrictions visant à protéger
les résidences de la famille (ainsi, le conjoint propriétaire
d’une résidence familiale ne peut la vendre sans le
consentement écrit de l’autre; il ne peut, non plus,
l’hypothéquer sans le consentement écrit de
l’autre si l’immeuble servant de résidence familiale
compte moins de cinq logements) et les biens servant à l’usage
du ménage (l’époux propriétaire de l’un
de ces biens ne peut, sans le consentement de son conjoint, l’aliéner,
l’hypothéquer ni le transporter hors d’une résidence
familiale). D’autres restrictions découlent également
du régime matrimonial (par exemple, le conjoint marié
sous le régime de la société d’acquêts
ne peut disposer entre vifs, à titre gratuit, d’un
de ses acquêts sans le consentement de l’autre).
Bref, la loi ne rend pas les époux copropriétaires
des biens inclus dans le patrimoine familial mais leur confère
le droit d’en partager éventuellement la valeur.
QUAND A LIEU LE PARTAGE ?
Le partage du patrimoine familial est une conséquence de
la séparation de corps, du divorce, de la nullité
du mariage ou encore du décès de l’un des conjoints.
C’est à ce moment seulement que la valeur du patrimoine
familial est partagée moitié-moitié. Le tribunal
peut toutefois décider d’un partage inégal pour
des motifs exceptionnels.
COMMENT ÉTABLIR LA VALEUR PARTAGEABLE ?
Lorsque s’ouvre le droit au partage, on évalue les
biens composant le patrimoine familial à leur valeur marchande.
Certaines déductions sont toutefois permises selon des calculs
qui ne sont pas toujours simples. Alors, pour établir cette
valeur partageable, mieux vaut donc s’en remettre à
un véritable spécialiste, le notaire.
Considérant les dispositions sur le patrimoine familial,
vous devriez consulter votre notaire, car :
- si vous êtes futurs époux, il serait plus prudent
de faire consigner dans un contrat de mariage la liste et la valeur
des biens que vous possédez au moment du mariage ;
- si vous êtes déjà mariés, il serait
peut-être opportun d’apporter des modifications à
votre contrat de mariage ou à votre testament.
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