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Depuis la mise en vigueur du nouveau Code
civil du Québec, le règlement d’une succession
est, plus que jamais, un processus délicat et complexe. La
loi prévoit la transmission des droits d’une personne
décédée à ses héritiers et impose
des règles précises afin de liquider la succession.
L’intervention du notaire, lors du règlement de la
succession, assure que les nombreuses procédures imposées
sont adéquatement exécutées et les épineuses
questions juridiques résolues convenablement. Négliger
ses conseils peut entraîner un retard indu dans la liquidation
des affaires du défunt et risque, par le fait même,
de compromettre les droits fondamentaux des héritiers. Aussi,
le notaire est-il le meilleur conseiller du liquidateur de la succession,
lequel est chargé, par la loi, de voir au règlement
de la succession. Le notaire guide le liquidateur dans toutes ses
démarches; il est, somme toute, le principal artisan et le
maître d’œuvre de toute l’opération.
LES ÉTAPES
Pour être efficace, le règlement de la succession
exige que chacune des étapes soit réalisée
conformément à la loi, et ce, depuis le jour du décès
jusqu’au moment de la remise finale des biens aux héritiers.
Les procédures habituelles comprennent notamment :
- les arrangements funéraires ;
- l’obtention de la preuve du décès ;
- la recherche du testament ;
- l’ouverture et l’inventaire du coffret de sûreté
;
- l’ouverture d’un compte dans une institution financière
;
- la vérification du testament ;
- l’analyse des dispositions testamentaires ;
- la détermination des héritiers ;
- la désignation du liquidateur ;
- la confection de l’inventaire ;
- les réclamations des bénéfices de l’assurance-vie,
des rentes et des prestations ;
- les formalités fiscales ;
- la liquidation du patrimoine familial et des droits matrimoniaux
;
- la publication des avis ;
- l’exercice de l’option des héritiers ;
- l’administration des biens de la succession ;
- le paiement des dettes et des legs particuliers ;
- la transmission des biens ;
- la reddition de compte ;
- le partage des biens de la succession.
Toutes ces étapes imposent des règles formelles.
En voici quelques-unes.
LA RECHERCHE DU TESTAMENT
En l’absence de testament, la loi détermine qui sont
les héritiers. Le testament a donc pour principal effet d’écarter
l’application des dispositions du Code civil afin de donner
suite aux véritables intentions du testateur. Seules les
dernières volontés du défunt doivent être
exécutées. Il est donc essentiel de procéder
à une fouille minutieuse des affaires personnelles de la
personne décédée à la recherche d’un
écrit contenant l’expression de ses dernières
volontés.
Les recherches s’avèrent souvent fructueuses et permettent
la découverte d’un écrit privé ou d’une
copie d’un testament notarié.
Pourtant, cela ne suffit pas. Il faut tout mettre en œuvre
et ne rien négliger pour être certain d’avoir
en sa possession les dernières volontés du défunt.
C’est pourquoi la Chambre des notaires du Québec a
créé, en 1961, un registre où l’on compte
aujourd’hui plus de 6 000 000 de testaments inscrits. Il est
donc essentiel de le consulter non seulement pour vérifier
l’existence possible d’un testament, mais encore pour
s’assurer que le testament que nous avons en mains est bien
le dernier exécuté par la personne décédée.
LA DÉSIGNATION DU LIQUIDATEUR
Le Code civil du Québec établit un régime
d’administration et de liquidation de la succession. C’est
le liquidateur qui est chargé de veiller à la parfaite
exécution des volontés du défunt. L’identité
de la personne choisie est généralement révélée
par le testament. Les héritiers procéderont eux-mêmes
à ce choix si le défunt est mort sans testament ou
que son testament ne prévoit rien à cet égard.
Les pouvoirs et devoirs du liquidateur sont prévus par la
loi. Le testateur peut néanmoins les modifier pour permettre
l’atteinte d’objectifs déterminés ou pour
faciliter le règlement de la succession et le travail du
liquidateur.
La personne désignée à titre de liquidateur,
et en qui le testateur manifeste sa confiance, est généralement
un parent ou un ami. Tout liquidateur serait prudent de s’adjoindre
les services d’un notaire dès le début des opérations
entourant le règlement de la succession.
LES FORMALITÉS FISCALES
La liquidation d’une succession a des conséquences
fiscales importantes. Les lois fiscales obligent à produire
les déclarations d’impôt du défunt. Elles
permettent néanmoins aux héritiers d’exercer,
lors du décès, certains choix qui peuvent s’avérer
profitables. La distribution définitive des biens au profit
des héritiers doit être précédée
de l’émission de certificats émanant des autorités
fiscales et autorisant la remise des biens. Ces mesures sont importantes
et les contribuables doivent s’y soumettre. Demandez l’aide
de votre notaire. Il s’y connaît en la matière.
LA LIQUIDATION DU PATRIMOINE FAMILIAL ET DES DROITS MATRIMONIAUX
Les héritiers sont appelés à recueillir le
patrimoine du défunt, c’est-à-dire l’ensemble
de ses biens et de ses droits, déduction faite du paiement
de ses dettes et de l’attribution des legs particuliers. Pour
déterminer les actifs de ce patrimoine, il est nécessaire
de considérer la situation matrimoniale de la personne décédée.
Le décès oblige en effet à procéder
à la liquidation du patrimoine familial. Les régimes
matrimoniaux que sont la communauté de biens et la société
d’acquêts doivent également être liquidés.
Il importe de tenir compte des autres protections particulières
que la loi offre au conjoint survivant, comme la prestation compensatoire,
la créance alimentaire et certaines attributions préférentielles.
Le mariage a donc un effet considérable quant à la
composition du patrimoine du défunt. Seul un expert est en
mesure d’apprécier, avec exactitude, les droits et
obligations des anciens époux suite au décès.
Le défaut de consulter un notaire peut avoir des conséquences
fâcheuses.
L’OPTION DES HÉRITIERS
Sauf exception, la loi n’oblige personne à accepter
la succession qui lui est dévolue. Une succession peut être
déficitaire et comporter plus de dettes que de biens; auquel
cas il est tout à fait indiqué d’y renoncer.
Le Code civil du Québec innove en abolissant la règle
selon laquelle l’héritier qui accepte sans réserve
une succession doit payer toutes les dettes du défunt. La
nouvelle loi prévoit cependant des situations où l’héritier
peut être encore tenu personnellement responsable des dettes
de la succession au-delà des biens qu’il reçoit.
Il est parfois préférable, nous l’avons dit,
de renoncer à la succession. Il est prudent et souvent essentiel
de consulter son notaire avant de prendre la décision appropriée.
La renonciation, lorsqu’elle est de mise, se fait habituellement
par acte notarié.
LE TESTAMENT NOTARIÉ : UN ATOUT CONSIDÉRABLE
Le droit des successions est ainsi fait que la volonté du
testateur est en principe souveraine. Par son testament, une personne
peut librement choisir ses héritiers et légataires.
Le testateur peut également, sur les conseils de son notaire,
prévoir plusieurs dispositions qui auront pour effet de faciliter
considérablement le règlement de la succession et
de réduire les frais. Le testament notarié est conservé
à l’abri de toute perte et de toute altération.
Le notaire procède à l’inscription de chaque
testament au Registre des testaments de la Chambre des notaires
du Québec sans en dévoiler le contenu. Sa confidentialité
est ainsi protégée et sa découverte, après
le décès, grandement facilitée.
Le testament notarié est le seul qui n’est pas soumis
à la procédure de vérification. Tout autre
testament doit être vérifié par un notaire ou
par le tribunal
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